ELABORATION D'UNE STRATÉGIE ET D'UN PLAN D'ACTION POUR LA PROMOTION DES ÉNERGIES NOUVELLES ET RENOUVELABLES AU BURUNDI

Lieu : Bujumbura, BURUNDI
Date limite de candidature :20-Jun-12
Catégorie supplémentaireEnvironnement et Energie
Type de contrat :Individual Contract
Niveau du poste :International Consultant
Langues requises :
Anglais   Français  
Date de commencement :
(date à laquelle le candidat sélectionné doit commencer)
02-Jul-2012
Durée du contrat initial2 months

Historique

Le Burundi est en train de s’évoluer d’un pays post-conflit à un pays en développement. Les ambitions des documents stratégiques nationaux tel que la Vision Burundi 2025 et le Cadre Stratégique de deuxième génération (CSLP II) sont de promouvoir une croissance accélérée et partagée, et de générer une croissance forte et soutenue sur la période 2012-2016 avec une croissance moyenne du PIB d’environ 7%.

Mais, actuellement, le Burundi affiche un retard en ce qui concerne le développement économique et l’accès aux services d’infrastructure de base, tel que l’énergie. Malgré un potentiel énergétique considérable, le Burundi dispose seulement de 45 MW de capacité installée et accuse un taux très faible d’accès à l’électricité (moins de 3% de la population). Les contraintes qui handicapent l’accès à l’électricité de la grande majorité de la population qui vit en milieu rural (90%) sont plusieurs: Le relief accidenté du pays et l’habitat dispersé en milieu rural rendent très élevé le coût de raccordement individuel au réseau électrique. Le niveau de pauvreté très élevé et généralisé se montre sous forme monétaire et ne permet pas à la population rurale d’accéder aux sources d’énergie commercialisée. Cette faiblesse du pouvoir d’achat et d’accès à l’électricité fait que la population se rabat sur les énergies traditionnelles (bois, charbon de bois et déchets végétaux) pour la cuisson des aliments, l’éclairage et le chauffage. D’où une forte pression sur les ressources en bois qui, combinée avec l’absence de réglementation et de contrôle, constitue une menace sérieuse sur l’environnement.

Le déficit énergétique pose également des contraintes sévères à la croissance économique. La faiblesse de la production d’électricité et le manque de fiabilité de cette production (délestages, variations de tension) constituent des obstacles majeurs au développement de l’industrie et des services ainsi que pour le développement humain. L’objectif de parvenir à l'accès universel à l'énergie d'ici 2030coïncide avec le menace des changements climatiques. Si les options durables ne sont pas exploitées, des options non-durables risquent d’accélérer les changements climatiques. Les pays qui ont contribué les moins aux changements, tel que le Burundi, seront les plus affectés. Donc le développement de l’énergie renouvelable est une option rentable et durable, nécessaire pour le développement viable du Burundi.  

Un des principaux axes d’intervention recommandé par la Vision 2025 et le CSLP II pour permettre à la population tant rurale qu’urbaine d’avoir accès aux sources d’énergie fiables, propres et à des prix compétitifs, est la promotion et l’investissement massif dans les énergies renouvelables, tel que l’énergie hydroélectrique, éolienne, solaire, et géothermale.

Face à la situation énergétique au Burundi, il s’avère indispensable d’élaborer une stratégie et un plan d’action pour la promotion des énergies nouvelles et renouvelables pour donner une réponse appropriée aux défis et enjeux dans le secteur. La stratégie doit analyser les institutions publiques du secteur : La Direction Général de l’Eau et l’Energie (DGEE), le Centre d‘Études Burundais en Énergies Alternatives (CEBEA), la Régie de Production et de Distribution d'eau et d'électricité (REGIDESO), la Direction générale de l’hydraulique et de l’électrification rurales (DGHER), la Société International d’Electricité des pays des grands Lacs (SINELAC) et l’Office National de la Tourbe (ONATOUR), tous sous la direction du Ministère de l’Energie et des Mines (MEM).

Devoirs et responsabilités

L’objectif principal de la stratégie est d’accélérer l’accès aux énergies nouvelles et renouvelable au Burundi. La stratégie doit être accompagnée par un plan d’action et un plan de financement (voir point IV, C).   

La stratégie doit également:
  • Permettre au Gouvernement d’avoir un outil de plaidoyer et de référence pour coordonner les interventions de tous les partenaires dans ce sous-secteur ;
  • Réduire significativement la pression sur les ressources forestières du pays, faire le lien entre l’énergie durable et les changements climatiques et assurer une baisse substantielle d’émission des gaz.

La stratégie aura deux horizons, un court (2012-2016) et un long (2012-2025). La stratégie doit se focaliser sur hydroélectricité, l’énergie éolienne, l’énergie solaire et le biogaz et prendre en compte le contexte régional.

Développement de l’énergie pour la croissance économique au Burundi (pro-croissance) :
  • Identifier les défis du secteur de l’énergie nouvelle et renouvelable au court et long terme au niveau 1) du secteur public 2) du secteur privé 3) des ménagés privés au niveau urbain tant qu’au niveau rural ;
  • Identifier les choix de la technologie d’énergies nouvelles et renouvelables pour résoudre de façon durable la problématique énergétique ;
  • Faire un diagnostic sur le potentiel d’efficacité énergétique et de production d’énergies à partir des sources renouvelables tenant compte de la nouvelle technologie en la matière ;
  • Evaluer les coûts et les conditions d’utilisation des différentes sources d’énergies renouvelables en tenant compte des réalités socio-économique du pays et dans la région ;
  • Analyser le niveau de compétence dans le secteur ;
  • Analyse le cadre réglementaire (PPP, législation nationale pour la mise en œuvre et le respect des contrats, fiabilité de législation etc.)
  • Faire une analyse comparative avec les pays de la sous région.
Développement de l’accès à l’énergie pour la population burundaise (pro-pauvre) :
  • Etablir l’état des lieux et les leçons acquises en matière d’électrification rurale par des sources d’énergie renouvelables ;
  • Apporter aux populations les plus vulnérables en milieu rural et périurbaines des technologies nouvelles et facilement maîtrisables en vue de leur permettre de faire face au pouvoir d’achat insuffisant qui les empêche de disposer leurs sources d’énergie nouvelles et/ou renouvelables ; 
  • Concevoir un schéma d’approche participative d’implication effective des communautés rurales à la base aux projets d’énergies nouvelles et renouvelables : les élus communaux, l’administration locale, les populations, les structures de développement existantes, l’administration centrale ;
  • Identifier les groupes cibles et actions spécifiques à mener pour différents groupes (institutions publiques, groupements associatifs, individus,..) pouvant être concernés par la promotion ;
  • Elaborer un outil de définition des besoins énergétiques des différents groupes cibles (populations locales, centres urbains secondaires, centres de santé, écoles, …) et du choix de la technologie d’énergies nouvelles et renouvelables pour résoudre de façon durable la problématique énergétique. Ce travail devra être fait en étroite concertation avec les bénéficiaires potentiels ;
  • Discuter avec les communautés à la base et leurs autorités locales et administratives pour définir ensemble un schéma de fixation de leur niveau de contribution financière pour le développement des énergies nouvelles et renouvelables dans leurs localités ;
  • Proposer un plan de la promotion de l‘entreprenariat local, à travers des opportunités économiques  et initiatives privées en faveur des femmes et des jeunes autour de petites unités de production des énergies locales ;
  • Analyser le cadre légal, réglementaire et institutionnel qui régit la gestion du secteur énergétique au Burundi ;
  • Faire une analyse comparative avec les pays de la sous région.
Les plans stratégiques :

Sur base des points ci-dessus, les consultants proposent, à l’horizon court (2016) et long (2025), une stratégie de promotion des énergies renouvelables et renouvelables intégrant :

  • Une Vision pour l’accès à l’énergie renouvelable et durable ;
  • Un Plan d’action pour le développement de l’énergie nouvelle et renouvelable et son infrastructure, avec des objectifs clairs et quantifiés, avec la responsabilité d’exécution précisée (la REGIDESO, le gouvernement, le secteur privé) ;
  • Un Plan de financement et mobilisation des fonds (surtout du secteur privé) ;
  • Un Plan de suivi-évaluation avec des indicateurs ;
  • Proposer des réformes institutionnels et des mécanismes légaux, réglementaires et institutionnels à mettre en place, assurant une harmonisation avec les développements au niveau régional, surtout au niveau du CEA ;
  • Proposer un plan de renforcement de capacité au gouvernement ;
  • Proposer des actions de sensibilisation des bénéficiaires ;
  • Donner des exemples de bonnes pratiques et des partenariats à promouvoir.

  • Une stratégie de promotion des énergies renouvelables et renouvelables intégrant une Vision, un Plan d’action avec des objectifs , indicateurs ,cibles et système de suivi-évaluation clairs, un plan de financement, et une feuille de route pour sa mise en œuvre est disponible et validé par le Conseil de Ministres et le Forum Stratégique
  • Un document de projet pilote pour une meilleure diffusion en milieu rural des énergies nouvelles et renouvelables et pour promouvoir un environnement propice pour leur gestion durable et décentralisée est disponible.
  • Un atelier de présentation de la stratégie est organisé pour sensibiliser les investisseurs, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, la population et autres parties prenantes.

En 2016, le pays enregistre des avancées significatives dans la lutte contre la pauvreté et une augmentation du bien-être de la population à travers :

  • L’augmentation de l’accès à l’énergie propre dans les zones rurales et périurbaines ;
  • La création de nouveaux emplois non agricoles dans les zones rurales ;
  • Des avancées significative vers l’atteinte des OMD dans les domaines ci-après : fourniture d’électricité pour les centres de santé ruraux et les écoles rurales et des sites-relais de télécommunication éloignés, la fourniture d’électricité aux ménages ruraux ainsi qu’à des activités génératrices de revenus et d’emplois (soudure, mécanique simple, menuiserie, recharge de batteries, activités sociales et de socialisation facilitées par l’éclairage électrique, éclairage des marchés villageois, etc.)
 Le travail sera fait sous la supervision du Directeur Général de l’Energie (DGE) et du Directeur Pays du PNUD.
 

Les rapports seront produits suivant le calendrier ci-après :

  • ·         Document d’établissement à remettre 1 semaine après le démarrage du travail qui fournira d’amples éclaircissements sur le plan de travail, le calendrier et présentera la documentation à sa disposition.
  • ·         Un Rapport provisoire sera présenté pour commentaires du Groupe Sectoriel « Energie » 45 jours après le début de la mission.
  • ·         Le rapport final intégrant les observations du Groupe Sectoriel et autres parties prenantes sera soumis sur support papier et en format électronique au plus tard 60 jours après le début de la mission.
  • ·         La stratégie sera validée dans le Forum Stratégique et dans le Conseil de Ministres.
  • ·         Un atelier de présentation de la stratégie validée est prévu en septembre 2012

 

Compétences

2 consultants seront engagés :

  • 1 chef de mission spécialiste en technologie d’ENR avec une expérience d’au moins 5 ans dans la conception des programmes de promotion des ENR ;
  • 1 socio-économiste ayant au moins 5 ans d’expérience dans la planification stratégique et dans le domaine de la décentralisation et dans le développement institutionnel, de préférence ayant une bonne connaissance du contexte politique et institutionnel national.
Les consultants doivent travailler en étroite collaboration avec l’équipe technique mise en place par le Ministère de l’énergie et des mines (MEM), avec la participation des membres 1) du Ministère de l’Energie et des Mines 2) du Ministère de l’Eau, l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme 3) du Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et du Tourisme 4) du Ministère à la Présidence en Charge de la Communauté Est Africaine et 5) le PNUD. Des réunions hebdomadaires doivent être tenues pour fixer les orientations de la mission, rendre compte de l’état d’avancement et incorporer les commentaires des parties prenantes.

Leadership :
  • Aptitude à engager et construire le consensus des acteurs sur l’objectif.
Planification et organisation :
  • Faire preuve d'une capacité de conception, d’organisation et de planification des activités nécessaires à la production des résultats.
Communication :
  • Excellente capacité de rédaction et de synthèse ;
  • Bonnes capacités de communication orale.
Travail en équipe :
  • Capacité à travailler sous pression et dans un environnement multiculturel ;
  • Capacité à engager les collègues et les intervenants.

Qualifications et expériences requises

Education :
  • 1 chef de mission spécialiste en technologie d’ENR avec une expérience d’au moins 7 ans dans la conception des programmes de promotion des ENR ;
  • 1 socio-économiste ayant au moins 7 ans d’expérience dans la planification stratégique et dans le domaine de la décentralisation et dans le développement institutionnel, de préférence ayant une bonne connaissance du contexte politique et institutionnel national.
 Expérience professionnelle :
  • Avoir une expérience d’au moins sept ans dans la conception des stratégies de promotion ou dans la gestion et le suivi des projets dans le domaine des Energies Nouvelles et Renouvelables (ENR) ;
  • Justifier d’une expérience  solide et pratique de collaboration avec les communautés locales en matière de promotion d’ENR ;
  • Avoir une expérience de travail avec les services étatiques comme le Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, la Direction Nationale de l’Energie, et le Centre National d’Energie Solaire et des Energies Renouvelables, le Ministère des collectivités territoriales.
Langues requises :
  • Avoir une bonne connaissance du Français écrit et parlé.

Le PNUD s’engage à recruter un personnel divers en termes de genre, de nationalité et de culture. Nous encourageons de même les personnes issues des minorités ethniques, des communautés autochtones ou handicapées à postuler. Toutes les candidatures seront traitées dans la plus stricte confidentialité.